Celle d’après

05.02.2021

Vous avez remarqué, de nos jours on parle de tout ce qui touche à la vie des femmes. Les règles, l’infertilité, la grossesse, la sexualité mais sur la ménopause ou la périménopause, à peine.

Ce n’est pas glamour, ne concerne que les femmes âgées ou les femmes qui ont été malades. Parce que derrière ce tabou, l’idée dans l’inconscient collectif, la ménopause signifie qu’on ne sert plus à rien. On est forcément hors jeu.

Alors même les femmes en parlent difficilement, si on n’en parle pas, ça n’existe pas, c’est invisible.

Pourtant la ménopause arrive en moyenne à 52 ans. Le corps se prépare et entame son changement entre quelques mois et 10 ans avant. 10 ans, donc vers 42 ans ! Bien avant les symptômes annonciateurs que tout le monde connaît que sont les bouffées de chaleur et l’irrégularité du cycle. Le corps des femmes est chamboulé, transformé, malmené. Seulement, on parle si peu de cette période que nombreuses ne font même pas le lien avec la ménopause. La ménopause, c’est quand on est vieille, ça ne concerne pas les quarantenaires flamboyantes que l’on nous cite en exemple à longueur de temps.

Sur Instagram, à 40-45 ans, on s’assume, on est au top, on fait du sport, du yoga, on se sent bien. Personne ne nous dit jamais que c’est le début d’autre chose et que cette autre chose est une véritable Tsunami. Tsunami dont j’avais envie de vous parler.

Depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, je suis en boucle sur mon poids et sur mon corps. C’est devenu une obsession.

Les choses se sont faites petit à petit, un kilo en plus, puis, deux, puis trois, puis 10, des changements d’humeur un peu plus fréquents, des moments de fatigue intense…

« Vous êtes en dépression. Vous ne travaillez plus c’est normal. Le Covid a mis les gens à plat, une carence sans doute. » J’ai entendu toutes sortes d’explications auxquelles j’ai crues. Je me suis « soignée », j’ai changé des choses dans ma vie, mais malgré tout je n’ai pas réussi à prendre le dessus sur les changements profonds qui se sont produits en moi.

Mon sommeil est devenu plus qu’aléatoire, oscillant entre ronflements à 21h30 et insomnies jusqu’à 4h du matin. Mon appétit s’est modifié, j’ai beaucoup plus faim qu’avant, je découvre le plaisir du sucre, moi qui ne jurais que par le salé. Je me sens souvent extrêmement fatiguée et du coup ma mémoire et mon attention font parfois défaut, je dois faire beaucoup d’effort pour des choses assez faciles il y a encore quelques mois, et mon corps s’élargit toujours un peu plus. Au début, je me suis concentrée sur mon poids et la meilleure manière de le perdre. Sans effet.

Pourtant, je mange équilibré malgré mon nouvel amour pour le sucre, je mange très peu d’aliments transformés, je me bouge tous les jours grâce à ma montre connectée. Je bois beaucoup d’eau. Je prends soin de moi mais je n’ai aucune prise sur les courbes qui changent.

Et puis j’ai remarqué que mes ongles devenaient cassants, ma peau plus sèche, même mes yeux sont devenus ultra secs.

Mon cycle reste régulier mais est assez court, précédé des douleurs très fortes, des seins tellement douloureux que je suis allée faire une mammographie tant j’avais peur. Quant à mes règles, 9 fois sur 10, elles ressemblent à une véritable hémorragie de 5 jours, qui me laisse à plat.

Parce que les symptômes de périménopause sont nombreux et parfois peu connus (perte de cheveux, peau sèche, bouffées de froid, modification du goût, fort désir de maternité, stress intense, sauts d’humeur, prise de poids, maux de tête…), il est important d’en parler. Si on parle sans tabou des règles, pourquoi ne pas parler du temps qui précède leur disparition ? C’est en tout cas ce que j’ai bien l’intention de faire. La périménopause est aussi importante que la ménopause elle-même.

Il y a des tas de traitements à prendre, des moyens de rééquilibrer progestérone et oestrogène mais je ne prends plus la pilule depuis des années et je n’ai pas envie d’hormones. Reste donc à faire la paix avec cette nouvelle moi de presque 47 ans, faire en sorte de retrouver un corps qui me convient et qui m’emmène loin et surtout ne pas avoir honte. La vie ne va pas s’arrêter, je peux faire autant de choses qu’avant, il faut juste adapter le curseur.

Bonjour, je m’appelle Wafa et je suis en périménopause.

Vous me suivez?

 

14 Commentaires

  • Noémie dit :

    Tu as tout dis. Je m’y retrouve complètement

  • Audrey dit :

    Enfin quelqu’un qui en parle, je me sens moins seule. Depuis 3 ans, je ne contrôle plus rien, je grossis, je suis rouillée et comme toi je ne me laisse pas aller. J’ai 45 ans et je ne pensais pas du tout à la ménopause parce que dans ma tête c’est après 50 ans.

  • Caro dit :

    Merci pour ton témoignage

  • Marie dit :

    Est-ce que tu vas écrire d’autres billets sur le sujet?

  • Titou dit :

    Je te suis, ça m’intéresse beaucoup ce passage difficile pour nous toutes. On se sent seules dans ces cas-là. Tout est à changer dans nos habitudes et c’est dur je trouve.

  • Jessica dit :

    Merci. Oui il faut parler de ce sujet qui est totalement laissé de côté. Peut être parce que c’est une transition et pas (encore) un état définitif.

  • Yeahyeahgirl dit :

    Ce que tu décris au début c’est ma vie alors que j’ai seulement 37 ans. Je peux cocher toutes les cases tu crois que c’est déjà ça ? Parce que si c’est ça ça dure depuis un moment … Si c’est pas ça, ce sera patate au moment de la vraie perimenopause ? C’est super que tu en parles en tout cas, crie plus fort Wafa ❤️

    • Wafa dit :

      Je ne suis pas gynécologue donc je ne veux pas dire de bêtises. Les symptômes hormonaux se ressemblent souvent mais quand le cycle change se rallonge, se raccourcit c’est souvent un signe au moins d’un problème. Après tout dépend de comment ça s’est passé pour ta propre mère, la mienne a eu les mêmes symptômes au même âge.

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