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Prenez la mère d’un petit garçon de sept mois. Elle décide qu’en ce jour de congé elle portera un jean gris, sa jolie blouse en soie Barbara Bui et sa veste noire nouvellement acquise. Aux pieds ce sera des baskets bien sûr car quand on doit courir à droite et à gauche avec une poussette c’est plus raisonnable. Prenez la même mère dans la salle d’attente de son médecin, elle retire sa veste et découvre avec horreur une belle tâche de bave et de lait sur son épaule, cadeau de son fils chéri qu’elle a porté avant de partir.
Deux heure plus tard vous la retrouvez courant comme une folle sous la pluie avec sa poussette et son bébé endormi car il est largement l’heure du déjeuner et qu’il risque de se réveiller en hurlant (ce qui arrivera évidement).
Après la sieste du petit, vous la verrez prendre son fils pour se dépêcher d’aller rejoindre sa mère à elle chez le coiffeur. La jeune mère aime bien courir visiblement et n’a pas peur de multiplier les courses en tout genre. Preuve qu’elle reste une femme à la masse active. Il est vite l’heure du goûter et comme son fils refuse de rester dans sa poussette, elle accepte bêtement gentillement de le prendre sur ses genoux. En mère accomplie elle n’a pas oublié d’apporter un bavoir car elle ne voudrait pas qu’il se salisse. Cinq minutes plus tard elle porte un joli jean à pois blancs et une blouse mouchetée par de la compote. Car oui mes amies elle n’a toujours pas changé de blouse…
N’ayant peur de rien ou n’ayant vraiment pas de tête, la jeune mère se dit qu’un petit tour chez Zara et H&M pour accompagner sa maman est plutôt une bonne idée. Arrivée chez Zara, elle meurt de chaud et ôte sa veste. Elle se balade à travers les rayons, donne des conseils à sa maman puis au détour d’un miroir l’horreur lui saute aux yeux. Elle est dégueulasse. Elle remet sa veste vite illico presto. Elle dégouline de sueur mais tant pis. Comme d’habitude, elle rentrera chez elle en courant sous la pluie mais à ce stade là cela reste anecdotique.
Crédibilité de blogueuse: Zéro !!!
Je vous épargne le proverbe arabe de ma mère, ça parle d’une jument qui boit de l’eau sale… Pffff je ne suis pas une jument moi, une cochonne peut-être mais pas une jument. On n’a pas des vies faciles comme dirait Deedee, non vraiment pas.
Edit: Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé serait le fruit du hasard
Trois jours que j’ai repris le chemin du travail. Et rapidement le nouveau rythme s’est installé. la course du matin avec le P.A.M. qui a décidé de se réveiller vers 6 heures du matin alors que jusque là, il se levait vers 8 heures. Sa façon à lui de me soutenir sans doute mais du coup j’accuse le coup, 6 heures c’est tôt tout de même. Le thé avalé en 2 mn entre « Comment vais-je m’habiller ?» et « Je vais être en retard» . Le moment de flottement lorsque je me retrouve face à mon écran et que je me demande ce que je fais là. Les nouvelles machines à café ultra perfectionnées. Les heures qui ne passent pas. La course à midi pour prendre le relais du Pacsou.
Puis retrouver la vie avec bébé et se dire que c’était une bonne idée de reprendre à mi-temps.
Des projets.
Un déménagement imminent et des tas de cartons à faire. Le nouvel appartement étant plus petit que l’actuel, il va falloir faire le vide.
Un voyage à Paris à trois. Les soldes avec le P.A.M est-ce bien raisonnable?
Un mois déjà que le petit bout est arrivé dans nos vies.
Un mois que ma vie n’est plus du tout la même.
J’ai appris l’humilité.
Fini les grands principes, les jugements. Chaque jour je compose en fonction de mon fils. Mes convictions et mes grandes idées en ont pris un coup. Je n’ai plus d’autres certitudes que celles de vouloir le mieux pour lui. Je le nourris à la demande, je cours dès qu’il pleure, j’ai accepté qu’il dorme dans notre lit plusieurs nuits… Et vous savez le plus beau c’est que je ne le regrette pas. Il a un mois, un sourire à tomber, il dort dans son lit la nuit par tranches de 3 heures c’était 2 la semaine dernière, il y a du mieux.
Notre appartement est un champ de bataille.
Je ne sais plus à quoi ressemble une fringue propre.
Je suis devenue une pro de la douche minute.
Je fais du 95C.
Mes seins débordent tous les jours et mes tops sont trempés, la grande classe, il faut que je passe aux coussinets d’allaitement en silicone.
Mon ventre…mon ventre…beurkkkk
Noah aime faire les boutiques (cf son calme pdt ma virée soldes).
J’ai retrouvé mon poids, ma taille mais je ne peux pas mettre de vêtements qui me serrent le ventre (cicatrice douloureuse oblige). Résultat, je porte des robes avec des collants de grossesse ou mes slims avec le bouton ouvert.
Je n’ai rien acheté pendant les soldes à peine regardé les vêtements, je me tate toujours pour les cuissardes. Par contre les tiroirs de Noah débordent…
Pour la première fois je déteste l’hiver qui m’empêche de profiter de belles balades avec mon amour. Je veux du soleil !!!
Je plane.
Je suis la reine des surnoms pourris: Tortue géniale, animal merveilleux, crevette, Kojak, Mister Maggoo…
Il a un mois et je l’aime chaque jour un peu plus.
Avant mon congés pathologique, yeeeeeeeeeeeeeeeeeeessssss !!! Je vais vraiment apprécier de pouvoir faire les choses à mon rythme car là avec mes 3 pauvres heures de sommeil, c’est limite. Sachant que mon but était de pleinement profiter de mon congés maternité et donc de faire un maximum de préparatifs avant, faisons un petit bilan.
Tout est venu d’une discussion avec une amie. Elle me racontait que sa meilleure amie venait de lui dire au téléphone qu’elle sortait tout juste d’une période assez difficile moralement après la naissance de son bébé. Mon amie était assez triste d’apprendre qu’elle avait été mal pendant plusieurs semaines sans oser le lui confier. Son amie s’était sentie dépassée par ses nouvelles responsabilités, les pleurs de son enfant et surtout se sentait honteuse car toutes ses amies jeunes mamans ne cessaient de vanter les louanges de leurs bébés si calmes, si parfaits et se félicitaient toutes d’êtres si épanouies d’être mère. Alors bien sûr la pauvre avec ses doutes, ses angoisses et son enfant qui ne fait pas ses nuits tout de suite (normal…), elle avait fini par déprimer à force de se sentir nulle.
En parlant de ça, nous trouvions assez hallucinant la pression que les femmes peuvent se mettre pour être toujours des supers women. Et surtout comment cette pression est souvent du fait d’autres femmes. Car j’ai remarqué que la plupart des femmes ne parlent jamais des difficultés qu’elles rencontrent lorsqu’elles sont enceintes ou jeunes mamans. Partout on entend qu’un seul son de cloche: Tout est merveilleux, ce n’est QUE du bonheur, je suis tellement épanouie, mon bébé est le plus gentil du monde, il est parfait, tout est facile…
Mais dans la vie, la vraie je veux dire, les choses ne sont jamais aussi parfaites. Etre une future ou jeune mère, c’est certes un grand moment de bonheur mais aussi de doutes, d’angoisses et de questions. Voir son corps changer, être malade parfois, se demander si on sera à la hauteur de nos nouvelles responsabilités, renoncer à une partie de sa vie, tout ça n’est pas toujours facile. Et être une jeune mère, gérer la fatigue, les pleurs de son bébé qu’on ne comprend toujours, apprendre à être mère tout simplement ça n’est pas simple. Même si la joie d’avoir son bébé est immense.
Mais bizarrement de ça on ne parle jamais. Je n’ai pas une seule amie autour de moi qui semble avoir vécu le baby-blues à croire que c’est une légende.
Subir la pression de l’entourage toujours pleins de bons conseils c’est souvent difficile mais si nos consoeurs qui devraient être notre plus grand soutien en nous faisant part de leurs expériences pour nous aider à relativiser s’y mettent aussi, c’est plutôt cruel. Pourquoi ne pas dire tout simplement que la maternité c’est à la fois du bonheur et des moments de solitude? De moments de joie et d’autres de doutes. Mais que tout cela n’est pas anormal, c’est simplement la vie.
Combien de femmes se sentiraient comprises, soulagées mais surtout normales?
Lorsque j’ai su que j’étais enceinte c’était un vrai moment de joie et de plénitude d’autant que cela n’a pas été facile. Malgré cela j’ai vécu et je vis encore des moments de fragilité, de peur et de stress. Vais-je être une bonne mère? Mon enfant sera-t-il en bonne santé? Mon couple résistera-t-il à cette tornade? Quand je ne craque pas à force d’avoir des petits bobos. Le dos bloqué, les brûlures gastriques, les gazs, les vertiges, le diabète, les insomnies. Dans ces moments de grands ras le bol, j’ai toujours le droit à une petite phrase qui met les boules du baume au coeur: C’est pour la bonne cause! Confier mes états d’âmes, je n’ose plus le faire de peur de voir le regard horrifié ou choqué de certaines femmes et d’entendre: Mais c’est la PLUS belle chose qu’une femme puisse vivre, tu devrais savourer ta chance. Désolée mais je ne vois pas le rapport. Ma chance je la connais, j’ai assez pleuré de ne pas voir de tests positifs pendant plus de deux ans. Mon bonheur je le savoure à chaque fois que je sens bouger mon bébé et je peux vous dire que je ne me prive pas. Mais je ne suis qu’un être humain, une machine à émotions et surtout je revendique le droit à n’être pas parfaite et je sais au fond que je ne suis pas la seule.
Je vous laisse avec deux copines qui devraient déculpabiliser toutes les mères du monde
…et le baby blues, et la rétention d’eau, et le vomi, et les dents qui poussent, et le premier rhume, le deuxième, le troisième, la longue file des nuits interrompues, la culpabilité, l’assurance d’être la pire des mères de l’univers, les coliques, la morve, les livres reduits en miette, en bouillie, en purée, machés, avalés, régurgités, le mouche bébé, les diahrées, l’impossibilité de prendre une douche/se faire les ongles/appeller une copine/ boire un café sans être interrompue, réclamée, tiraillée, les caprices, les hurlements, le refus, les sorties qu’on ne fait plus, les couches pleines, les couches qui puent, l’intolérable fatigue, se sentir moche, molle, vieille même, imbaisable à jamais, d’ailleurs faire l’amour dans le noir juste pour pas voir comment dans certaines positions la loi de la gravité attire notre ventre mou vers le sol, et j’en passe et j’en passe et j’en passe…
Mais ça serait trop cruel.
(bien sûr, après quelques mois, la vie redevient merveille et joie, je dis ça pour toi, femme qui n’a pas encore conçu, histoire de ne pas te dégouter a jamais).» MARGAUX MOTIN