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photo Zadig et Voltaire

Cet été encore, les bottes seront de rigueur. A porter dégoulinantes avec une jupe...

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Ce texte date d’il y a 3 ans, mais je suis retombĂ©e dessus et je le trouve sympa alors …

Tous ceux qui me connaissent savent à quel point la mode compte pour moi. Pas fashion victime, mais fashionista devant l’éternel. Jamais, je ne porterai un vêtement que je trouve laid, ridicule ou vulgaire mais si cela me plaît peu importe le regard des autres.
J’habite Strasbourg, ce n’est pas une très grande ville mais c’est tout de même la capitale européenne.

Il y a un an, je tombe sur un article parlant de la nouvelle mode californienne dans un magazine américain, les UGG. Une photo de Pamela Anderson et consœurs arborant boots et minis jupes sous un soleil de plomb, l’idée m’emballe tout de suite, je veux les mêmes !

Pas facile cependant et cela malgré Internet de trouver les boots de mes rêves.

Au mois de novembre dernier le destin me fait signe, ma meilleure amie part vivre quelques mois en Nouvelle ZĂ©lande, d’oĂą sont originaires les UGG. VoilĂ  enfin l’occasion d’entrer en leur possession, je vais sur le site UGG, j’imprime le modèle que je dĂ©sire et je donne le tout Ă  ValĂ©rie. Mais au bout de 3 mois, je comprends que je ne les aurai pas. “Impossible d’en trouver dĂ©solĂ©e, ils sont en rupture de stock depuis des mois!”.

Ce n’est pas pour cette fois, mais je n’abandonne pas.

Quelques semaines plus tard, Kimberly, la petite copine amĂ©ricaine d’un ami, part Ă  Chicago. Je me risque Ă  lui demander, si elle peut me ramener une paire de Ugg. ” Une paire de quoi, me demande –t-elle?” ” Ben des Ugg!” Commence ainsi une longue description des boots, “Oui, je sais Ă  Strasbourg, il fait froid l’hiver mais pas au point de porter des boots en mouton.” J’explique en long en large et en travers, que ces boots se portent Ă©tĂ© comme hiver, en jean ou en mini…
Un mois plus tard, Kim m’envoie un mail, pour me dire qu’après avoir Ă©tĂ© dans une quinzaine de magasins elle a fini par tomber sur l’unique paire d’une petite boutique. “Elles Ă©taient vraiment pour toi, car il ne restait plus qu’une paire Ă  ta taille et dans le coloris que tu voulais et en plus avec une petite rĂ©duction”. “Elles sont gĂ©niales maintenant moi aussi je les veux! “

Le Dieu des fashionistas existe…

Arrive le moment tant attendu, mes Ugg sont Ă  mes pieds, j’exulte. Entre temps Ă  Paris, mesbottes sont devenus assez banals, mais pas ici. Il fait un temps agrĂ©able, et je ne peux plus attendre. Je peaufine, mon look, la bonne jupe, le bon t-shirt, mon cabas Vanessa Bruno prĂ©fĂ©rĂ© et mes Ugg… Je suis parfaite, ni trop, ni pas assez. A peine, dans l’ascenseur, ma voisine jette un Ĺ“il amusĂ© sur mes pieds. Bah! je m’en fiche, j’assume.

J’ai l’habitude des commentaires, des regards amusĂ©s ou effrayĂ©s de mes concitoyens. Des inquiĂ©tudes de mes collègues devant mon T-shirt  « Jesus is my homeboy », Ă  la pitiĂ© de certaines copines devant mon sac Vanessa Bruno, avec des commentaires du genre ” Quoi, 90€ pour ça, mais t’es devenue folle, ils offraient le mĂŞme dans tel magazine ou il y a le mĂŞme chez Etam.”, des interrogations lorsque je porte mon t-shirt Zadig et Voltaire ” Tu veux dire Zadig de Voltaire ? “. Mais au bout de 2h et un nombre incalculable de coups de coudes, de regards interloquĂ©s et Ă©clats de rire, j’en ai vraiment assez.

Je ne regrette pas un seul instant d’avoir acheté mes Ugg, (que soit dit en passant ma mère vient de commander à la Redoute) mais les gens sont vraiment insupportables dans cette ville.

En passant devant l’une des plus grande pâtisserie de la ville, je dĂ©cide de me consoler avec une tartelette Ă  la framboise. Leurs vendeuses sont connues pour ne pas ĂŞtre très avenantes et plutĂ´t snobs, mais tant pis. J’entre, on me regarde de la tĂŞte au pied, et on me sert poliment mais sans un sourire. ArrivĂ©e Ă  la caisse pourtant, la vendeuse se penche vers moi et me glisse doucement, ” Puis-je vous demander oĂą vous avez achetĂ© votre sac ? ” Surprise, je la regarde un petit instant avant de comprendre sa question. “J’adore ce cabas Vanessa Bruno, mais Ă  Strasbourg, pas moyen d’en trouver ” me dit-elle d’un sourire complice.

C’est incroyable mais tout n’est pas perdu, la vendeuse de chez C… connaît Vanessa Bruno…alors !?!

6 mois plus tard, toutes les filles portaient des UGG ou leurs imitations…

 

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