Ouf nous ne sommes pas toutes comme Isabel

08.25.2008

En lisant le « Femme en Ville » de septembre, je suis tombée sur une interview d’Isabel Marant par Alexandra Golovanoff. Le jeu c’est d’inviter une personnalité à se promener de nuit au Printemps Haussmann.  Nul besoin de vous dire combien j’aime les créations d’Isabel Marant et Dieu sait que cela me coûte cher. Alors quand je lis certaines phrases de cet article j’ai envie de lui dire « Isabel heureusement que nous ne sommes pas toutes comme toi sinon tu ne gagnerais pas bien ta vie »

Extrait

AG: Tu as la liberté de choisir ce que tu veux chez les autres créateurs. Tu craques sur quoi pour cette saison?

IM: Si je devais choisir (…) une veste chez Balanciaga (…) mais en fait, je ne fais pas vraiment de shopping. je n’aime pas dépenser de l’argent futilement, je trouve que c’est quelque d’important. je n’achète jamais sur un coup de tête, c’est toujours très raisonné … Il y a un côté Kleenex de la mode que je n’aime pas du tout. Ben heureusement que je n’ai pas pensé comme toi sinon la chemise bûcheron penderait encore sur son cintre parce que je ne sais pas si elle passera les modes…

AG: Et les sacs? As-tu une idée de celui que tu vas porter cet hiver?

IM: Alors le sac qui change chaque saison, moi je ne peux pas! C’est vraiment le truc de consommation qui me révolte totalement. tant pis pour mon chéri! (NDLR son mari Jérôme Dreyfuss). il m’en rapporte des tas à la maison que je ne porte jamais (…) Un sac, je le porte pendant deux ou trois ans et puis j’en change! Je peux parfois en avoir un autre pour le soir, mais celui de tous les jours, c’est toujours le même. Il n’y a pas de raison d’en changer! Alors là Isabel, les bras m’en tombent. C’est vrai que claquer 500€ pour un sac de ton gentil mari je l’ai fait une fois et étant donné ton peu d’enthousiasme je pense que ce sera la dernière. Tu ne m’en voudras pas je pense de ne pas craquer pour un des tiens aussi cher et fait sans aucun doute par Jérôme (cf le billet de MH). A la place je vais plutôt économiser pour un 2.55 intemporel

Je ne sais pas à quoi elle pensait mais c’est à la limite de la provocation.

PS: A noter l’article sur la Méchante où elle porte une robe de ma copine La Fée

7 Commentaires

  • MH dit :

    Excellent ton article ! c’est vrai qu’on a l’impression qu’elle crache bien dans la soupe quand même ; elle est bien contente d’avoir des moutons comme clientes qui suivent aveuglément ses collections !
    du coup, vu que perso je préfère Vanessa Bruno (enfin ses vêtements, la personne je ne la connais pas), je serais curieuse de lire un de ces interviews.

  • Slybwoy dit :

    c’est très marrant !!

  • Vanessa dit :

    Elle a la chance de pouvoir tenir ce discours mais il faut un peu de cohérance avec son travail. Ces vêtements suivent aussi la tendance, ce n’est pas intemporel comme tu l’as dit. Etrange comme propos et pour les sacs c’est très drôle !

  • Mellow dit :

    Sorry pour l’avis dissonant, mais je trouve que c’est un regard lucide sur le résultat terrible que produit la mode sur la consommation (= it-bag, course au produit mis en avant dans les pubs qui couvrent 1/3 du magazine spécial mode, etc). OK, c’est moyen pour l’image de marque, et puis, tenir de tels propos, ça ne se fait pas dans ce merveilleux monde de la fashion industry. Je ne pense pas qu’il faille s’en offusquer, cela bouscule un peu, elle a le mérite de dénoncer nos comportements démesurés, bien que ces derniers soient vicieusement entretenus pour que nous vidions toujours un peu plus le compte en banque au nom de la sacro-sainte tendance. Vous allez dire « c’est l’hôpital qui se fout de la charité », pas si certain. Elle a monté sa boîte, et comme tout chef d’entreprise, elle vise le profit. D’où diversification des produits, créations de nouvelles lignes. Et c’est là que ça doit rester cohérent : Isabel nous fait rêver, et le rêve en mode, c’est cher, sinon … ça n’en est plus (raisonnement révoltant devant un pouvoir d’achat qui baisse, mais combien de fois vérifié et validé). D’où sa politique tarifaire en conséquence… Elle jouit d’une grande adhésion depuis près d’une décennie auprès des clientes, si ses produits se vendent au prix affiché, tout continuera ainsi. Et puis viendra le jour où doucement l’effet s’essoufflera un peu, on ne le trouvera plus aussi géniale. Mais est-ce que ce n’est pas ça la mode, un incessant renouveau, d’éternelles ressucées, l’adulation qui devient l’oubli ? Allez, sur ce je vais aller voir ce qu’ April May a imaginé chez Monoprix (hihi)

  • C’est un joli paradoxe à elle toute seule, Isabel, j’adore !

  • emilie orange dit :

    ça me rappelle mon moniteur de moto école (j’ai dû arrêter avant le permis malheureusement) qui n’avait pas de moto personnelle car « c’est trop dangereux de faire de la moto » ! ben oui, il n’en faisait qu’en circuit parce que sur la route, c’est trop dangereux.
    Comme quoi, hein, Isabel n’est pas la seule schizo de son boulot !

  • Wafa dit :

    @MH: Je ne pense pas qu’elle ait le même type de discours
    @Sly: Très Marant!
    @Vanessa: Sans doute est-elle blasée?
    @Méllow: Son discours est juste c’est simplement que dans sa bouche je le trouve déplacé. Si elle y croit elle peut produire de manière différente
    @Frieda: Un joli paradoxe c’est vrai
    @Emilie: Très drôle ton histoire !

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