On est les confinés

03.20.2020

Comme la plupart des Français hormis ceux qui travaillent pour notre santé ou pour que notre confinement soit plus vivable, nous sommes confinés à la maison depuis plusieurs jours.

Pour nous qui sommes casaniers, on ne peut pas dire que ce soit vraiment un drame, c’est une chance. Surtout, même si ce n’est pas une situation idéale, je refuse de me plaindre.

Nous sommes en 2020, en France. J’ai un toit sur la tête, je suis enfermée avec les personnes que j’aime le plus au monde, mon frigo et mes placards sont garnis, j’ai des livres, Internet, la télé. Je peux communiquer avec ma famille et mes amis.

TOUT VA BIEN.

Je ne m’appelle pas Anne Franck, je ne vis pas en Syrie.

TOUT VA BIEN.

Mon mec ne me tape pas dessus.

TOUT VA BIEN

J’ai de quoi nourrir mes enfants, mon appartement est grand.

TOUT VA BIEN.

Alors oui, nous sommes ensemble 24h/24 sans possibilité de prendre l’air mais par chance j’ai choisi mon mec et choisi d’avoir deux enfants donc la vie est belle.

Nous avons mis en place un emploi du temps pour la semaine, histoire de ne pas perdre nos repères, je mets un point d’honneur à me laver et m’habiller tous les matins, c’est mieux pour ne pas déprimer. J’essaye de faire découvrir de nouvelles choses aux enfants, j’accepte de ne pas tout contrôler.

Quand on y pense, nous avons tellement de chance de pouvoir mettre ce monde de dingue sur pause.

Après des mois de manifestations pour le climat, les gilets jaunes, la réforme des retraites, les élections, nous pouvons enfin nous arrêter pour réfléchir à ce que nous voulons vraiment.

Nous n’avons pas cessé de polluer, consommer, voilà qu’on doit ralentir et ô miracle la nature reprend déjà ses droits.

On nous a dit durant des mois que non il n’y avait pas d’argent pour les hôpitaux, qu’il fallait faire pareil avec moins et ô miracle, on réalise aujourd’hui que cette politique nous oblige à nous confiner faute de places et de moyens dans les hôpitaux.

On nous a dit,  les profs ces feignants ne sont pas à la hauteur. Aujourd’hui après avoir répété 10 fois à notre enfant la même chose, nous nous demandons comment font les profs avec 30 élèves.

Les caissiers, les livreurs payés une misère, les éboueurs, sont là pour que nous puissions continuer de manger et vivre alors que la plupart du temps, ils sont tout simplement invisibles. Tout cela sans aucun remerciement puisqu’on leur demande d’en faire plus sans être payés mieux, une honte.

Pendant ce temps-là, nous sommes à la maison. En télé-travail pour certains, en chômage partiel pour d’autres. Ce n’est pas facile mais pour certaines catégories de la population encore moins que d’autres. Tout ira bien.

Alors, je ne sais pas vous, mais moi, je vais cuisiner de bons petits plats, passer du temps avec mes enfants et mon mec, lire, regarder la télé, briquer mon appart en suivant un challenge 31 jours pour un ménage de printemps (je suis cinglée), je vais continuer de prendre des nouvelles de mes proches, faire peut-être enfin mes albums photos et me reposer.

Je vais profiter de ce temps suspendu dont on rêve-parle tous, tout le temps (qui n’a jamais dit si seulement j’avais le temps?) et je vais savourer ma chance d’être en France, en 2020, dans un appart au chaud et en sécurité avec les miens.

 

 

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