On est les confinés #7

04.28.2020

Considérations diverses à la façon de mon amie Carmen qui publie une chronique journalière sur sa page FB.

Ce matin, je suis sortie chercher ma commande de BD pour les enfants. Dans mon quartier, j’ai eu l’impression que le déconfinement avait été prononcé sans que je sois au courant.

Les restos ouverts pour les livraisons ou les plats à emporter, les ouvriers sur leurs chantiers, les gens qui font leur courses, on aurait dit un matin comme les autres.

Le libraire était content, les ventes marchent bien, la possibilité de lire à nouveau enthousiasme les gens. J’ai personnellement toujours pensé que les livres faisaient partie des premières nécessités. Je lui ai raconté que j’avais décidé d’acheter dans toutes les librairies que j’avais l’habitude de fréquenter pour les soutenir. Mais qu’à force c’est moi qui allait avoir besoin d’aide. Accessoirement, mon mec et moi sommes au chômage avec des indemnités qui ne sont pas celles d’un député.

Ce qui m’amène à une question: peut-on être « Stras economicus », (phrase lue dans le journal ce matin), quand on n’a pas de travail ? Question à laquelle je réponds oui mais qui pose tout de même des problèmes.

Je suis ensuite allée chez mon dealer de bacon, (Monoprix). Autour du magasin, un village de SDF s’est installé. Je les écoutais discuter du déconfinement et du retour insensé des enfants à l’école. Une discussion pleine de bon sens sur fond de reggae.

En sortant, je suis passée par le Carré d’Or, les rues où se trouvent boutiques chics et autres artisans pâtissiers , fromagers et autres. Les gens faisaient la queue pour dépenser un demi SMIC en fromages (je suis méditerranéenne, j’aime exagérer). Je me suis dit que l’on pouvait basculer d’un monde à l’autre en traversant une rue. Mais c’est vrai que notre Président nous a déjà expliqué que c’est le chemin pour trouver un emploi. Affaire à creuser. J’ai donc dépensé mes sous citoyens pour acheter 4 éclairs dans une pâtisserie CSP+.

Hier, j’ai préparé un panier repas pour une association qui les distribue aux gens qui en ont besoin. J’étais très heureuse de le faire, je me suis sentie utile. De plus en plein mois de Ramadan, l’aumône (sadaka) est encore plus importante. Oui, je ne fais pas le Ramadan mais ça fait partie de ma culture. Mais cela m’a conduit à une autre question, que signifie ce sentiment de satisfaction à faire des choses pour les autres? Y-a-il un peu de vanité derrière ça?  Ou bien est-ce que cela donne tout simplement un sens à ce chaos? Je m’interroge vraiment sur mes motivations parfois car ce n’est pas toujours raisonnable.

Bref, aujourd’hui pour la première fois depuis 42 jours, je suis réellement inspirée par ce qu’il se passe autour de moi. C’est aussi le premier jour où le soleil n’est pas au rendez-vous (la première fois depuis 6 semaines). Peut-on parler de lien de cause à effet? Le temps mélancolique m’inspire-t-il? Nous le saurons dans le prochain numéro de « Nous sommes les confinés » …

Bonne journée

 

Pour illustrer mon billet, voici une de mes créations.

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