Le travail et les mères

09.17.2014

Il y a celles qui n’arrivent pas à devenir cadre alors que leurs collègues masculins qui font exactement le même travail le sont. Il y a celles qui doivent subir le comportement déplacé de leur boss qui ne les harcèle pas vraiment mais si tout de même. Celle qu’on engage célibataire et sans enfant mais à qui on explique qu’elle est engagée en connaissance de cause et qu’on sait bien qu’elle aura un enfant dans un ou deux ans mais que ça ne pose pas de problème. Jusqu’au jour où malheureuselent elle est enceinte et que subitement on trouve beaucoup moins investie dans son boulot. Tu comprends tu as beaucoup changé. Celle qui apprend juste après avoir accouché de son troisième enfant que sa place n’est plus disponible et qu’en attendant elle peut aller patienter dans un placard. Celles qui se font virer à leur retour de congé mat. Celles qui jonglent entre  vie professionnelle et enfants jusqu’au burn out. Celles qui travaillent à 80 ou 50% pour avoir un peu de temps pour leurs enfants afin d’éviter le burn out. Celles qui se sacrifient pour leurs mecs car lui tu comprends gagne mieux sa vie, car lui ne peut pas se permettre de prendre un congé parental tu n’y penses pas. Celles qui finiront plus tôt car leur mec ne peut pas partir du boulot, tu n’y penses pas. Celles qui quittent leur boulot pour suivre leurs mecs l’autre bout du monde parce que lui a une carrière. Celles qui en font 2 fois plus que leur collègues pour ne pas avoir à subir les reproches de leurs boss. Celles qui ne feront pas d’autres enfants pour espèrer progresser. Celles qui sont obligées de quitter leur boulot pour créer le leur car il est plus compatible avec leurs vies de mères.

A toutes celles-ci et les autres je veux dire que le travail est un souvent choix (quand on a de la chance) mais un droit ça c’est sûr. Un droit durement gagné par d’autres avant nous et que nous ne pouvons laisser nous échapper sous prétexte que nous sommes devenues des mères. C’est un droit qui nous apporte si ce n’est de l’épanousissement au moins la liberté. Il n’est pas question de s’excuser d’être une femme et encore moins d’être une mère. Car c’est bien grâce à nos petits que tous ces messieurs et malheureusement aussi ces dames pourront un jour avoir une retraite. Alors rien que pour ça, il n’est pas question de se laisser faire. Si on n’arrive pas à s’imposer pour X raisons, il ne faut pas oublier que la loi est là pour nous défendre et que pour l’instant nous avons encore une institution qui s’appelle les Prud’hommes et qu’elle est de plus en sensible à la discrimination. Et puis surtout il y a un moment où il faut arrêter de culpabiliser, plus nous assumerons plus ils s’habitueront 😉

Haut les coeurs !

 

Illustration clin d’oeil au post d’Elisa et aux commentaires de ses lectrices qui m’a inspirée le mien

17 Commentaires

  • hache dit :

    Bravo Wafa ! Bien dit !

  • Onparledemoi dit :

    Ah tiens, on parle de moi dans ce post.

    Trêve de plaisanterie, les (in)égalités progressent… J’ai un copain a qui on a refusé un poste sous prétexte que son enfant était une contrainte (genre il voulait déposer sa fille le matin a la crèche) et la potentielle patronne (oui oui une patronne) a trouvé que c’était risqué… Et donc il n’a pas eu le poste…

    • Wafa dit :

      De toi et d’autres malheureusement. Ton copain a été sanctionné pour avoir voulu jouer son rôle de père là où tant d’autres n’auraient même pas osé le faire. Parce qu’il faut bien le dire la plupart du temps (pas toujours heureusement) ce sont les femmes qui endossent le rôle de chercheuse d’enfants. Mais ce sexisme est aussi bien le fait d’hommes que de femmes comme le prouve ton exemple.

  • Anne dit :

    Merci pour ce post Wafa, il est tellement vrai et notre travail est si peu reconnu . j’ai 2 filles âgées de 4 et 3 ans, j’espère que dans 20 ou 30 ans la situation aura changé qu’elles aient ou non des enfants.

  • Cindy dit :

    Tout à fait d’accord avec ton texte!
    Allez, haut les coeurs!

  • Calou dit :

    Juste Merci!
    Je fais partie de ces « celles qui » que tu décris.
    J’ai dû quitter il y a quelques années la boîte où je bossais (10 à 11h/jour, sans compter les week-ends) pour créer ma propre structure pour m’adapter aux besoins de mon bout de chou (et oui un seul pourtant on en voulait 2 ou 3 mais mon rythmne – et celui de papa -ne le permettait pas) .
    Aujourd’hui, je gagne moins c’est vrai mais j’ai plus de temps libre, l’esprit léger et un petit poussin plus heureux et épanoui.
    Il ne faut PAS baisser les bras!

  • Miss zen dit :

    Excellent billet …… Qui me parle évidement ENORMeMENT. jAi choisi de travailler à temps partiel pour profiter de mon petit bout si longtemps attendu….. c’est un sacrifice car à 1/2 ou 3/5 peu de bon boulot. Je ne regrette pas, pas du tout . Mais j’ai des craintes aussi pour le futur, suis-je dans une ornière dont je ne pourrai plus sortir même qd Antoine sera grand ….? Ce qui est certain c’est qu’il n’y a aucune solidarité entre les femmes, on accepte encore et encore les diktats des hommes…. C’est dur pour les femmes, dur pour les gosses et finalement dur pour les hommes aussi.

    • Wafa dit :

      Je pense que tu as raison car le bien-être est plus important à mes yeux que le travail. Et je te rejoints sur le manque de solidarité qui me semble le pire de tout. Comment faire évoluer notre condition si on ne se serre pas les coudes?

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