Le bon look mais pas la bonne ville

03.30.2007

Ce texte date d’il y a 3 ans, mais je suis retombée dessus et je le trouve sympa alors …

Tous ceux qui me connaissent savent à quel point la mode compte pour moi. Pas fashion victime, mais fashionista devant l’éternel. Jamais, je ne porterai un vêtement que je trouve laid, ridicule ou vulgaire mais si cela me plaît peu importe le regard des autres.
J’habite Strasbourg, ce n’est pas une très grande ville mais c’est tout de même la capitale européenne.

Il y a un an, je tombe sur un article parlant de la nouvelle mode californienne dans un magazine américain, les UGG. Une photo de Pamela Anderson et consœurs arborant boots et minis jupes sous un soleil de plomb, l’idée m’emballe tout de suite, je veux les mêmes !

Pas facile cependant et cela malgré Internet de trouver les boots de mes rêves.

Au mois de novembre dernier le destin me fait signe, ma meilleure amie part vivre quelques mois en Nouvelle Zélande, d’où sont originaires les UGG. Voilà enfin l’occasion d’entrer en leur possession, je vais sur le site UGG, j’imprime le modèle que je désire et je donne le tout à Valérie. Mais au bout de 3 mois, je comprends que je ne les aurai pas. « Impossible d’en trouver désolée, ils sont en rupture de stock depuis des mois! ».

Ce n’est pas pour cette fois, mais je n’abandonne pas.

Quelques semaines plus tard, Kimberly, la petite copine américaine d’un ami, part à Chicago. Je me risque à lui demander, si elle peut me ramener une paire de Ugg.  » Une paire de quoi, me demande –t-elle? »  » Ben des Ugg! » Commence ainsi une longue description des boots, « Oui, je sais à Strasbourg, il fait froid l’hiver mais pas au point de porter des boots en mouton. » J’explique en long en large et en travers, que ces boots se portent été comme hiver, en jean ou en mini…
Un mois plus tard, Kim m’envoie un mail, pour me dire qu’après avoir été dans une quinzaine de magasins elle a fini par tomber sur l’unique paire d’une petite boutique. « Elles étaient vraiment pour toi, car il ne restait plus qu’une paire à ta taille et dans le coloris que tu voulais et en plus avec une petite réduction ». « Elles sont géniales maintenant moi aussi je les veux! « 

Le Dieu des fashionistas existe…

Arrive le moment tant attendu, mes Ugg sont à mes pieds, j’exulte. Entre temps à Paris, mesbottes sont devenus assez banals, mais pas ici. Il fait un temps agréable, et je ne peux plus attendre. Je peaufine, mon look, la bonne jupe, le bon t-shirt, mon cabas Vanessa Bruno préféré et mes Ugg… Je suis parfaite, ni trop, ni pas assez. A peine, dans l’ascenseur, ma voisine jette un œil amusé sur mes pieds. Bah! je m’en fiche, j’assume.

J’ai l’habitude des commentaires, des regards amusés ou effrayés de mes concitoyens. Des inquiétudes de mes collègues devant mon T-shirt  « Jesus is my homeboy », à la pitié de certaines copines devant mon sac Vanessa Bruno, avec des commentaires du genre  » Quoi, 90€ pour ça, mais t’es devenue folle, ils offraient le même dans tel magazine ou il y a le même chez Etam. », des interrogations lorsque je porte mon t-shirt Zadig et Voltaire  » Tu veux dire Zadig de Voltaire ? « . Mais au bout de 2h et un nombre incalculable de coups de coudes, de regards interloqués et éclats de rire, j’en ai vraiment assez.

Je ne regrette pas un seul instant d’avoir acheté mes Ugg, (que soit dit en passant ma mère vient de commander à la Redoute) mais les gens sont vraiment insupportables dans cette ville.

En passant devant l’une des plus grande pâtisserie de la ville, je décide de me consoler avec une tartelette à la framboise. Leurs vendeuses sont connues pour ne pas être très avenantes et plutôt snobs, mais tant pis. J’entre, on me regarde de la tête au pied, et on me sert poliment mais sans un sourire. Arrivée à la caisse pourtant, la vendeuse se penche vers moi et me glisse doucement,  » Puis-je vous demander où vous avez acheté votre sac ?  » Surprise, je la regarde un petit instant avant de comprendre sa question. « J’adore ce cabas Vanessa Bruno, mais à Strasbourg, pas moyen d’en trouver  » me dit-elle d’un sourire complice.

C’est incroyable mais tout n’est pas perdu, la vendeuse de chez C… connaît Vanessa Bruno…alors !?!

6 mois plus tard, toutes les filles portaient des UGG ou leurs imitations…

 

3 Commentaires

  • Izz dit :

    tes entrain de dire qu’a Strasbourg personne connait la mode et même pas Vanessa Bruno!?
    Vanessa Bruno chez moi j’en trouve pas de toute façon il est tro cher, mais je l’adore!!!
    depuis que je suis allée à Paris des tas filles en avait un alors que dans ma ville j’ai jamais vu personne avec…

  • Wafa dit :

    Non pas du tout. Il y a des tas de filles qui portent un sac Vanessa Bruno ici.Ce texte date d’il y a plus de 3 ans, les choses évoluent depuis. D’ailleurs une boutique Zadig et Voltaire ouvre dans quelques semaines.

  • einglotte dit :

    Y a pas de doute, on habite bien la même ville. Certes, depuis ton article la mode à évolué mais pas les mentalités et c’est bien dommage 🙁

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