La légende des jouets en bois et autres fables

11.13.2017

Toi, le jeune parent, je te vois. Je te vois rêver de cette jolie chambre tout droit sortie de chez Smallable. Tu as déjà tout prévu, un mélange de meubles vintages chinés chez Emmaüs, quelques objets hors de prix qui t’ont coûté un rein et puis de jolis jouets. Des jouets en bois bien sûr. Ton enfant écoutera du classique, quelques morceaux de Beatles et n’aura que des vêtements de créateurs européens.

Évidement, ton enfant aura une chambre inspirée de la méthode Montessori, il lira de beaux livres, dessinera sur son joli bureau d’écolier et s’amusera comme un fou avec des jouets qui le rendront très très intelligent dans ses jolis vêtements Petit Bobo Jacadilus.

Oui mais voilà, voilà malgré tous tes efforts, l’interdiction de regarder autre chose que des dessins-animés sélectionnés par tes soins, malgré les sorties au musée, l’abonnement à George, les snacks vegan, les repas et goûters maison, viendra le jour où tous tes idéaux se casseront la figure sur l’autel du mauvais goût et de la malbouffe.

Sans que tu l’ais vu venir cet ingrat te cassera les c******* pour une Barbie-Pokémon. Car à moins de contrôler aussi ses copains d’école, tu ne pourras pas tout empêcher. Un jour, cette petite chose adorable que tu pensais au-dessus du lot, se damnera pour un doudou gros yeux et des cahiers autocollants pouf-pouf au lieu de jouer au Kapla.

Il te regardera avec les yeux du Chat Potté pour avoir un anniversaire Yokaï Watch quand toi tu auras déjà terminé ton tableau Pinterest « Anniversaire hautement Instragramable ».

Car oui, jeune parent sache que ton enfant se fiche à peu près autant de son tapis Ferm Living que toi de la côte d’une carte Pokémon. Il s’en tape.Oui, malgré tous tes efforts ton enfant a mauvais goût et son seul souhait c’est de faire comme les autres. Tu sais, les enfants de ceux qui vivent sans Instagram.

Et de façon très sournoise, petit à petit sa chambre se retrouvera envahie d’horreurs et crois-moi ça commence tôt. C’est le joli pull de supermarché offert par une collègue sur lequel il tombera avant que tu ne l’aies jeté et dont il sera dingue. Puis la cadeau bruyant aux couleurs criardes offert à Noël par quelqu’un qui te veut du mal et qui deviendra le jouet préféré. Puis le dessin-animé ou clip idiot qu’il aura découvert chez mamie (René la taupe, merci bien maman). L’ennemi est souvent un proche sache-le !

Et puis l’école, ah l’école. Tu aurais bien aimé qu’il aille chez Montessori mais ton PEL passe déjà dans la déco et les fringues donc il va dans l’école de quartier, comme tout le monde. L’école, ce monde merveilleux où se côtoient 300 sacs Tann’s, 20 Hello Kitty, 17 Reine Des neiges, 24 Pat Patrouilles et autres beautés. La cour de récré qui fait dire à ta fille que les pulls à paillettes « c’est trop mon rêve » parce que la robe XXL Bobo Choses à 100 boules c’est nul pour jouer. L’école où les chaussettes Yokaï Watch ont plus la côte que des Collégiens. L’école du bon goût tout simplement.

La musique? On en parle? Tu as réussi à ne lui faire écouter que TA musique pendant 6 ans, tu t’enorgueillissais de sa culture musicale et un jour tu l’entends chanter le lac du Connemara des Kids United (oui des Kids United pas de Sardou, c’est qui Sardou?)

Alors oui je t’entends dire que tout est question d’éducation, que c’est toi qui décide et que ton enfant fera comme tu veux mais je t’arrête tout de suite à moins d’être un sacré sadique, quand tu verras la tête de ton enfant le jour où tu rentreras avec un pyjama Pokémon, tu abandonneras presque tous tes principes. J’ai dit presque hein parce que bon faut pas déconner. Et puis si ça peut te rassurer dans le Milk de 2041, il y aura une page spéciale doudous gros yeux et ton enfant te sera éternellement reconnaissant de ne pas les avoir jetés.

 

 

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